Histoire de l'eglise saint sauveur du Perrier

 

La plus vieille trace de l’existence de cette église réside dans un document de ‘’la fabrique de Saint Sauveur des Marais du Périer’’ – alors écrit avec un seul r- daté du 23 septembre 1389. La construction première de l’édifice est plus ancienne, sans doute du début du Moyen Age (aux alentours du Vème siècle), à l’époque de l’Ile Périé, appelée aussi Le Pé de Riez. A noter qu’en maraîchin ‘’Pé’’ signifie éminence, ce qui est tout à fait relatif dans le marais. Son nom d’origine est :

‘’ Sanctus Salvator de Pério’’

Elle traversa les siècles vaillamment, réunissant autour d’elle les familles maraîchines du Perrier, participant à l’animation de la vie du marais.

Elle en a connu et animé des événements ! Ceux de la vie quotidienne d’une communauté essentiellement agricole, grandes fêtes religieuses, baptêmes  mariages, et sépultures, mais également des drames régionaux et nationaux. Ses cloches appelèrent ainsi lors des événements tragiques que dut affronter la région puis plus tard le pays tout entier.

Lors de la Révolution, pendant les guerres de Vendée, en avril 1794, elle fut l’objet de destructions causées par la colonne du général Dutruy chargé de ‘’brûler le Marais’’. Ainsi, sa toiture fut mise à bas afin d’alimenter les feux des bivouacs et pour combler les fossés de manière à faciliter le passage des troupes vers Saint Jean de Monts. Le village fut incendié ainsi que toutes les fermes du marais et  les archives paroissiales ne furent pas épargnées. Seuls quelques documents furent sauvés et cachés par des familles du marais. Ils permirent de retracer à grands traits l’histoire du Perrier et de ses habitants. Un second passage des colonnes infernales eut lieu le 14 juin 1794 achevant de détruire ce qui pouvait encore rester.

L’église demeura ainsi réduite à ses quatre murs jusqu’en 1810, année au cours de laquelle grâce aux efforts du Curé Jacques Lambert et de la population, le culte fut rétabli et une toiture couvrit à nouveau l’édifice. Il fallut plus de 15 ans pour relever toutes les ruines.

En 1815 y fut célébrée l’inhumation de Louis de la Rochejacquelein, général vendéen tué lors de la bataille des Mathes (lieu-dit situé sur le territoire de la commune de Saint Hilaire de Riez) lors de la dernière guerre de Vendée (si l’on excepte l’aventure de Marie Caroline de Bourbon-Sicile, Duchesse de Berry) . Et c’est de cette église aussi que partit quelques années plus tard et à pieds, entouré d’anciens combattants des Guerres de Vendée, le convoi funèbre qui ramena la dépouille de Louis de la Rochejacquelin à Saint Aubin de Baubigné (Maine et Loire), lieu de sépulture de sa famille.

 


nos cloches

Les cloches qui sonnèrent en 1815 pour l’inhumation de L de la Rochejacquelin furent refondues en 1817.

La plus ancienne porte en latin l’inscription suivante :

‘’ J’ai été nommée au Perrier, Marie Catherine par Jean Joseph Boizard mon parrain et Catherine Bernard ma marraine. Monsieur Jacques Lambert curé et président du conseil de fabrique.

Fabriciens : André Naulleau trésorier, Charles Bernard, Jacques Nauleau, Jacques Thibaud et Jean Crochet secrétaire.

Faite par Jean Veruz à Nantes, l’an 1817.’’

Sur la seconde on peut lire :

’Je me nomme Jean Baptiste et j’appelle les fidèles aux offices sacrés.

 Ernest Bollée m’a fondu dans l’année 1855. J’ai eu pour parrain Jacques Lambert ancien curé de la paroisse et pour marraine Marie Vrigneau.’’ 


nos trésors


Notre église abrite deux ‘’trésors’’ :

-         Tout d’abord la bannière de la paroisse qui porte l’inscription ‘’ Saint Sauveur du Perrier ‘’ sur une face  et ‘’Lourdes septembre 1872’’ sur l’autre face – A cette date eu lieu le premier rassemblement national  à Lourdes intitulé depuis ‘’Le pèlerinage des bannières’’. En effet, 249 bannières paroissiales y furent présentes, avec 70 000 pèlerins venus de toute la France.

       A noter que la procession était menée par les bannières des paroisses de l’Alsace et de la Moselle, territoires perdus par la         France lors de la guerre de 1870. 


-         Et puis les douze vitraux qui parent les fenêtres de l’édifice. Onze ont été conçus par le maître verrier Louis Mazetier et posés en 1943, donc pendant la dernière guerre. Ceci fut rendu possible  grâce à la grande générosité des Préroises et des Prérois dont les dons payèrent  les travaux. Ainsi peut-on constater dans le bas de chaque vitrail le nom des donateurs, toutes des familles du Perrier, ainsi que les jeunes  des associations catholiques locales : JAC (Jeunesse Agricole Catholique) et  JACF (Jeunesse Agricole Catholique Féminine) et le curé de la paroisse.  

Sept vitraux illustrent chacun un des sacrements :



Le Baptême

La confirmation, représentée par l'image de Jeanne d'Arc.

L'Eucharistie

Le mariage



La pénitence

Le sacrement des malades représenté par la mort de Joseph.

Le sacrement de l'ordre.

(Ordination)



 Quatre vitraux traitent de grands événements importants relatés dans la Bible ;

·       L’Annonciation

·       Le Déluge avec l’Arche de Noé

·       La Transfiguration

                     ·       La Descente de la Croix


L'annonciation

La transfiguration

La descente de la Croix

Le déluge et l'arche de Noé



              Enfin, le grand vitrail du Chœur rappelle un moment particulier de la vie du Perrier. Entre 1922 et 1957, le curé de la paroisse était Monsieur l’abbé Armand Perrochain. Ce dernier souhaitait que sa paroisse dispose d’une école libre de garçons (celle des filles existait déjà). Malheureusement ses moyens financiers ne pouvaient lui permettre une telle réalisation.

Afin de trouver une solution, il eut recours à la prière et, sur les conseils d’un missionnaire de passage, le Père Moreau, il fit vœu à Sainte Thérèse de Lisieux.

Laissons la parole à Monsieur le curé afin de connaître la teneur de ce vœu :

‘’ Dans les derniers jours de mai 1927, je promis à Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de consacrer toutes mes faibles économies à l’érection de sa statue dans notre église et à la construction d’une école chrétienne de garçons, si elle, de son côté, dans le courant de juin, inspirait à quelques âmes généreuses l’idée de se dévouer pour la construction d’une école libre de garçons’’.

Pour être bien sûr de l’intercession de la sainte, le bon curé lui fixa un délai : le 30 juin avant huit heures et demi du soir.

Dans les premiers jours de juin, il se produisit l’évènement qui fixera le choix du vitrail du chœur. Monsieur l’abbé Perrochain raconte :

‘’ Chose surprenante mais incontestable ! Le matin même du départ du Père Moreau, à la fin de la messe, alors que je venais de distribuer la sainte communion aux fidèles et que je ne pensais pas du tout à mon projet, il m’apparut comme une vision de rose effeuillée. Et aussitôt la pensée de Sainte Thérèse, du vœu de l’école se présenta vivement à mon esprit. L’impression qui s’en suivit dura bien une demi-heure.’’

Durant le mois de juin, Monsieur l’abbé Perrochain reçut des sommes importantes et inespérées, mais bien insuffisantes. Le 30 juin approchait. Ce jour-là, le curé rencontra un de ses paroissiens , meunier à la retraite, Mr Louis Barreteau, et lui demanda de l’aider à construire l’école. Ce dernier, souhaitant avoir un temps de réflexion, promis de donner sa réponse dans la soirée.

C’était un homme généreux et, le soir du 30 juin, à huit heures, il envoya deux demoiselles de l’école libre de filles dire à Monsieur le curé qu’il était prêt à l’aider dans son projet. L’aide était considérable, puisque Mr Barreteau donna le terrain nécessaire à l’édification, fit abattre son moulin pour fournir des pierres à bâtir et ajouta une forte somme d’argent.

C’est ainsi que fut construite l’école Sainte Thérèse qui ouvrit en octobre 1928.

Bien entendu, l’abbé Perrochain respecta les termes de son vœu et il fit installer à ses frais une statue de Sainte Thérèse, tout à côté de l’autel de la Vierge Marie.

En 1936, M Perrochain reçut la visite d’un représentant de la Maison Bordereau d’Angers (spécialisée dans les vitraux). Ce dernier montra à M le curé diverses maquettes de vitraux ; l’une d’elles attira son attention : elle représentait Sainte Thérèse de Lisieux jetant des pétales de roses sur un village. M le curé pensa immédiatement à sa vision si bien évoquée par cette maquette et le vitrail fut aussitôt commandé et posé en 1936.

Cette verrière montre Marie tenant l’enfant Jésus sur ses genoux. Tous les deux font pleuvoir une ‘’pluie de roses’’ sur le bourg du Perrier facilement reconnaissable à son clocher. On peut voir les toits de tuiles rouges de l’école, le logement des frères enseignants et les salles de classe.

 

Deux angelots tiennent un voile où est imprimé le visage du Christ pour rappeler que le nom complet de Thérèse Martin est : sœur de l’enfant Jésus et de la Sainte Face.   


On reconnait sur ce détail du vitrail le clocher de l'église saint Sauveur, et on peut voir les toits de tuiles rouges de l’école, le logement des frères enseignants et les salles de classe.


Ces quelques mots relatifs aux vitraux de notre église sont bien insuffisants pour en décrire la grande beauté. Seule une visite commentée fera réellement apprécier ces œuvres.

Ainsi, pendant les mois d’été des visites commentées sont prévues (voir les dates sur le site de la paroisse).

 En cours d’année une visite peut être organisée à la demande (s’adresser au presbytère de la paroisse).  


documents historiques